Différents habitats

La quèbe : Les premiers abris du berger lors de son séjour dans l'estive ont été des abris naturels. Il pouvait s'agir de grottes ou excavations dans une falaise mais c'était plus fréquemment des abris procurés par des blocs tombés des falaises environnantes ou transportés par le glacier. Ces abris, appelés "quèbes" en Béarn et "toue" en Bigorre, étaient complétés par un petit mur de pierres sèches et, parfois, d'une bâche.

La cabane autrefois : Plus tard sont venues les cabanes à proprement parler ; souvent adossées à un gros rocher ou une paroi, proches d'un point d'eau mais éloignées des couloirs d'avalanches. Elles étaient bâties en pierres sèches et la plupart du temps sans toit : une bâche était procurée par le propriétaire de l'estive, signifiant ainsi au berger qu' il n'était que le "locataire". Le berger couchait à même le sol, sur un matelas fait de branches de sapins et de rhododendrons. Pas de mobilier : seulement une petite niche dans le mur. Pas de cheminée non plus : la fumée s'échappait par un trou dans le mur ou dans le toit. On connaît des cabanes ou des quèbes qui ont pu servir à abriter des bergers aragonais et, dans certaines occasions, les géodésiens chargés d'établir au XIXe siècle les premières cartes fiables des Pyrénées.

Mais face à ces conditions de vie extrêmement difficiles, bon nombre de ces édifices ont été abandonnés, et leurs ruines ne servent plus aujourd'hui qu'en de rares occasions à cacher le chasseur d'isard.

La cabane aujourd'hui : Compte-tenu de l'éloignement, et seulement pour certaines d'entre elles, le confort n'arriva que très progressivement. Ce furent des murs cimentés et crépis, un toit en dur (lauzes, bardeaux de bois, ardoises, tôles ondulées puis bac acier), des lits avec sommiers métalliques et un poêle.

L'héliportage mais aussi un accès par piste pastorale permettent aujourd'hui au berger de vivre dans des conditions plus confortables. L'application de normes européennes en matière de fabrication fromagère a modifié sensiblement l'organisation de la cabane, lui adjoignant une salle de fabrication et facilitant l'accès à l'eau, offrant ainsi à la cabane une seconde jeunesse.

Pour d'autres, le berger n'y séjourne plus depuis longtemps mais de judicieux et opportuns travaux de rénovation permettent aujourd'hui au randonneur ou au chasseur surpris par l'orage de trouver un abri sûr.

2018-Les Amis du Musée d'Ossau.

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